Ce
n'est un secret pour personne que la guerre qui sévit au Burundi depuis
bientôt dix ans a entraîné une crise de confiance entre certains
membres des communautés appartenant à des ethnies différentes.
C'est le cas notamment des Hutu, des Tutsi et des Twa résidant dans les
quartiers de la zone Kanyosha en Marie de Bujumbura qui se regardent très
souvent comme les chiens de faïence. Dans ce contexte, signale-t-on, les
déplacés Tutsi du site de Kiyange traitent généralement
leurs compatriotes Hutu de Ruziba d'être des assaillants. En revanche, ces
derniers accusent, à leur tour, les Tutsi de travailler de mèche
avec l'armée nationale pour des actes de répression. Ainsi,
pour tenter de décrisper la situation de tension permanente et d'apaiser
les inquiétudes des uns et des autres, les autorités administratives
de la zone Kanyosha, en collaboration avec l'Association de Coopération
pour la Recherche et le Développement (ACORD) vient d'organiser du 22 au
24 avril 2003 un atelier de formation visant à mettre sur pied un plan
d'action de cohabitation pacifique et éviter la suspicion entre les membres
des communautés appartenant à des différentes tendances.
Au
cours de cet atelier, précise-t-on, le professeur Adolphe SURURU a développé
une série de thème qui ont été, par après,
débattus par les participants. Il s'agit notamment des sujets comme "
comment rester dans son humanité malgré la crise ", le rôle
de la jeunesse dans la sauvegarde de la paix et de la réconciliation, rompre
avec la violence comme moyen de guérison pour un nouvel avenir de bienveillance
et la place du langage dans l'émergence des conflits communautaires et
de voisinage. Concernant
ce dernier sujet, M. Adolphe SURURU a précisé qu'en soignant le
langage on évite à 80% les conflits au sein des communautés.
Certes, les gens doivent s'habituer à faire des débats contradictoires
mais sans se blesser les curs. Les populations ont été conviées
à ne pas prendre comme parole d'évangile les discours politiques,
en faisant preuve d'un esprit et d'un sens élevé de discernement.
Les participants à cet atelier ont reconnu que les populations à
la base, de même que la classe politique, ont une responsabilité
partagée, mais à des degrés différents, pour ce qui
est du mal burundais.

D. Ndikumana
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