| "La
situation objective qui prévaut
actuellement au Burundi n'est pas
de nature à permettre aux
institutions de la transition de
se payer le luxe de guerres intestines
et de rivalités mesquines
entre elles" |
 |
Ambassadeur
Brhanu Dinka lors de l'ouverture
de la neuvième session ordinaire
de la Commission de Suivi de l'Accord
d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation
au Burundi (CSA). |
Bujumbura,
le 24 juin (umuco.com )
Ce lundi 24 juin 2002, la Commission
de Suivi de l'Accord d'Arusha pour la
paix et la réconciliation au
Burundi CSA en sigle a tenu dans la
salle des congrès de Kigobe sa
neuvième session ordinaire. Dans
son allocution liminaire, Monsieur l'Ambassadeur,
Berhanu Dinka, Président de ladite
commission a rappelé, avant d'entrer
dans le vif du sujet que la CSA est
la première des institutions
prévues dans l'Accord d'Arusha
à devenir opérationnelle.
Elle a fait remarquer à l'assistance
qu' "en tant que mécanisme
chargé de garantir la mise en
oeuvre intégrale de l'Accord,
elle a notamment pour tâches d'assurer
le suivi, le contrôle et la coordination
de l'application de ses dispositions
et de veiller à ce que toutes
les parties concernées s'y conforment
régulièrement".
L'Ambassadeur
Dinka s'est réjoui de voir d'autres
institutions de la transition voir le
jour ce qui permettra à sa Commission
de réaliser pleinement ses dures
tâches accomplies souvent dans
un climat d'incompréhension comme
il le note lui-même : "(
)la
CSA a été quelquefois
mal comprise. D'aucuns ont pensé
qu'il suffisait qu'elle agite une baguette
magique pour que tout rentre dans l'ordre.
Cette méprise a donné
lieu à des attentes irréalistes
ici et là". Afin de
cheminer sûrement avec tous les
acteurs et d'éviter des malentendus,
l'Ambassadeur a promis que la Commission
qu'il a l'honneur de diriger travaillera
en étroite collaboration et harmonie
avec les nouveaux organes de transition
mis en place à Bujumbura après
consensus et qui sont le Gouvernement,
l'Assemblée Nationale et le Sénat
de transition.
Dans des termes clairs, il lance un
appel à tous les acteurs sur
la scène politique pour qu'ils
coupent court à leurs rivalités
qui gênent le processus de paix
dans un contexte très difficile:
" La situation objective qui
prévaut actuellement au Burundi
n'est pas de nature à permettre
aux institutions de la transition de
se payer le luxe de guerres intestines
et de rivalités mesquines entre
elles. Elle exige plutôt qu'elles
se consacrent toutes aux tâches
de rétablissement de la paix
et de la consolidation de la réconciliation
nationale".
Après des troubles sanglants
et beaucoup de tâtonnements pour
le retour à la paix, l'Ambassadeur
Dinka propose à la CSA un agenda
conçu sur trois tâches
principales.
Premièrement
il inscrit à l'agenda la mise
en oeuvre de l'Accord d'Arusha en capitalisant
beaucoup d'énergie à rallier
au processus ceux et celles qui se tiennent
encore à l'écart. Pour
réussir, il appelle les trois
institutions de transition à
une bonne collaboration avec la CSA
en veillant à la mise en oeuvre
de toutes les clauses de l'Accord.
Le
deuxième défi pour l'Ambassadeur
c'est le cessez-le-feu. Il salue les
efforts consentis dans ce sens par l'
"illustre fils de l'Afrique"
Son Excellence Madiba Nelson Mandela
auquel il rend hommage, par l'Equipe
de la facilitation et par les responsables
de l'Initiative régionale pour
la paix au Burundi.
Le
troisième défi majeur
que le Burundi doit relever c'est l'amélioration
de la situation socio-économique
du pays qui, a-t-il dit est catastrophique.
Là aussi l'Ambassadeur a montré
que le Burundi ne fait pas cavalier
seul mais qu'à travers entre
autres la visite des Ambassadeurs du
Conseil de Sécurité les
5 et 6 mai 2002 et la tenue à
New York le 14 juin 2002 d'une réunion
du Département des affaires politiques
soutenue par le Secrétaire Général
Koffi Anan. et consacrée aux
problèmes économiques
du Burundi, la Communauté Internationale
est solidaire au Burundi.
Au
cours de cette session de la CSA, les
questions qui figuraient à l'ordre
du jour tel que présenté
par son Président étaient:
1. Le cessez-le-feu
2. les prisonniers politiques et les
conditions carcérales
3. L'Unité Spéciale de
Protection
4. Les conflits entre les parties signataires
et la nécessité d'un dialogue
constructif
5. La Commission Vérité
et Réconciliation, la Commission
Internationale d'Enquête Judiciaire
et la Commission Nationale de Réhabilitation
des Sinistrés.
Dans
le but d'assurer une cogestion opérationnelle,
l'Ambassadeur Berhanu Dinka a promis
d'organier des rencontres similaires
avec les autres institutions de la transition
; il s'est déclaré optimiste
quant à l'avancée du processus.
La Rédaction