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La
femme burundaise joue un rôle important dans le
développement socio-économique du pays.
Cependant, sa place n'est pas toujours privilégiée
et prise en considération dans la planification
du pays. Voilà ce qui a poussé les femmes
à se mettre ensemble en vue de se lever et réclamer
leur juste place dans la vie nationale |
Madame
Christine Ntagwirumugara est juriste de formation et Représentante
Légale du CAFOB.
Umuco.com : Madame Christine Ntagwirumugara,
vous êtes représentante Légale du Collectif
des associations et Organisations Féminines du Burundi
CAFOB en sigle, pourriez- vous nous présenter votre
collectif d'associations?
Madame
Christine Ntagwirumugara : Le CAFOB est effectivement
un collectif d'associations qui regroupe 52 associations
et ONG féminines du Burundi. Il a été
créé en 1994 sur l'initiative de 7 associations
et surtout grâce à l'appui financier du Centre
canadien d'Etudes et de Coopération Internationale
(CECI .) Il a été agréé le 20
janvier 1997 au niveau du Ministère de l'Intérieur
et de la Sécurité Publique. Son fonctionnement
est actuellement soutenu par une ONG britannique Alerte
Internationale. La vision du CAFOB, c'est d'être un
collectif qui contribue à l'amélioration des
conditions de vie, socio-économique et juridique
de la femme burundaise.
Umuco.com : Quelle est la mission que s'est assignée
le CAFOB ?
Christine
Ntagwirumugara :La mission du CAFOB est de renforcer
les capacités opérationnelles des associations
et ONG féminines du Burundi afin qu'elles soient
de vraies interlocutrices efficaces en matières de
paix, genre, développement et dans toutes les questions
concernant la femme. Les objectifs du CAFOB sont nombreux
et variés.
D'abord, c'est de favoriser les échanges et développer
les activités inter-associations, de militer pour
la participation de la femme à la vie civile et politique,
de renforcer le rôle de la femme burundaise dans la
recherche de la paix et dans la réconciliation nationale.
L'autre objectif est de faciliter la diffusion des informations
touchant la problématique de la femme et la défense
de ses droits ainsi que l'amélioration de ses conditions
de vie.
Umuco.com :Quelles sont vos grandes réalisations
?
Christine
Ntagwirumugara : L'une des grandes réalisations
à l'actif du CAFOB, c'est entre autre le plaidoyer
en faveur de la femme pour sa participation plus accrue
dans la vie civile etpolitique. Je dois souligner que CAFOB
est actuellement devenu un point focal au niveau local et
international. CAFOB est vraiment une référence.
Umuco.com : Comment faites-vous concrètement
?
Christine
Ntagwirumugara : C'est simple. On fait du porte à
porte chez les différentes autorités pour
revendiquer la participation de la femme au niveau civil
et politique. Aujourd'hui c'est facile parce qu'on vient
même de produire une étude sur l'expertise
de la femme intitulée " Expertise féminine
et institutions d'appui à la promotion du genre au
Burundi "
Umuco.com : Quelles sont les grandes conclusions
de cette étude ?
Christine Ntagwirumugara : dans cette expertise en
genre, pour la seule province de Bujumbura -Rural nous avons
par exemple un effectif de femmes ayant un niveau universitaire(Doctorat,
Diplôme d' Etude Approfondie(DEA),Ingéniorat
, Licence Cycle Court )de 1187. On a remarqué que
45% de cet effectif a un niveau de licence tandis que le
reste a un niveau de cycle court. On a pu identifier 114
domaines de qualification et
les femmes sont beaucoup plus nombreuses dans les domaines
de comptabilité, la psychologie et les sciences de
l'éducation, la fiscalité ainsi que le secrétariat.
Umuco.com : quelles sont les grandes réalisations
du CAFOB au cours de cette année ?
Christine Ntagwirumugara : Notre action s'est beaucoup
focalisée sur la formation. Dans ce domaine on a
déjà fait deux centrées sur le renforcement
des capacités des femmes leaders et la formation
des correspondants du journal " Place aux femmes "
qu'on va relancer.
On a sensibilisé la femme sur les problèmes
de la drogue et sur le sida .On ne peut pas passer sous
silence les activités de routine notamment la célébration
de la journée mondiale de la femme tous les 8 mars
de chaque année ainsi que la journée internationale
dédiée à la femme rurale fixée
au 15 octobre de chaque année. Nous avons aussi fait
un diagnostique institutionnel et une évaluation
organisationnelle et planification stratégique du
CAFOB.
Umuco.com : Quels partenaires avez-vous au niveau
international ?
Christine
Ntagwirumugara : Nous avons toute une série de
partenaires et je ne peux pas les citer tous. Voici quelques
uns .D'abord une ONG britannique Alerte Internationale,
le CAFOB est membre du réseau de la femme africaine
pour la paix , membre de EAC ,
membre du collectif des femmes des Grands lacs pour la paix
et de la commission africaine des droits de l'homme. On
travaille avec le système onusien au Burundi et d'autres.
Umuco.com : Pourquoi la présence des femmes
au siège du CAFOB ?
Christine Ntagwirumugara :Je dois dire ici que le
CAFOB abrite la clinique juridique de l'association des
femmes juristes. Toutes les femmes en difficultés
viennent chercher des conseils juridiques ou viennent pour
toute autre démarche. Je dois aussi ajouter que
quand une femme se perd dans la capitale, elle se présente
au siège de notre collectif qui par la suite arrange
tout.
Umuco.com : Est- ce que votre collectif a des antennes
à l'intérieur du pays ?
Christine
Ntagwirumugara : Pas encore, mais nous avons approché
NOVIB (une ONG hollandaise ) pour nous aider à ouvrir
une antenne à Gitega (2ème ville du Burundi)
afin de commencer à travailler avec les groupements.
Umuco.com :Quelles sont les contraintes du CAFOB
?
Christine Ntagwirumugara : Les contraintes sont surtout
d'ordre financier. Nous voudrions faire beaucoup de choses,
mais avec l'embargo sur la coopération , on n'a pas
assez de fonds pour réaliser correctement nos programmes.
Umuco.com :Quel est le rôle du CAFOB dans le
développement socio-économique du Burundi
?
Christine Ntagwirumugera : Dans l'émancipation
de la femme, le CAFOB a l'ambition de voir la femme burundaise
promue et plus développée c'est - à
-dire dans le sens économique.
Dans cette perspective , notre collectif a inscrit dans
son programme la mobilisation des fonds en vue d'accorder
des micros-crédits aux femmes rurales et celles vivant
la périphérie de la capitale Bujumbura afin
qu'elles améliorent leur conditions de vie.
Umuco.com :Quelle est la place du CAFOB par rapport
au retour de la paix ?
Christine Ntagwirumugara : Notre tâche est
de mobiliser la femme au tour de l'idéal de la paix.
Le CAFOB abrite ici un projet de résolution des conflits
ayant comme principal rôle de faire rentrer les femmes
restées sur les collines et celles vivant les camps
de déplacés.
Le CAFOB organise chaquefois que de besoin les femmes provenant
de différents milieux pour qu'elles puissent s'exprimer
sur l'accord de paix. Aujourd'hui , la femme va participer
à vulgariser l'accord de paix inter-burundais d'Arusha.
Umuco.com :Etes vous satisfait du pas franchi ?
Christine
Ntagwirumugara :J'espère que malgré les
difficultés énumérées , on peut
être fier du pas déjà franchi par notre
collectif. Le fait d'être un point focal pour la femme
burundaise , les autorités et institutions étrangères
, cela nous permet de dire que le CAFOB a réussi
sa mission d'être un véritable carrefour des
femmes.
Umuco.com : Quelles sont vos perspectives d'avenir
?
Christine Ntagwirumugara :D'abord il faut sauvegarder
les acquis du CAFOB, et veille à ce que la femme
soit représentée à tous les niveaux
de la vie civile et politique du pays. Tenir les femmes
informées sur toutes les questions d'actualité
par le biais des journées d'échanges et d'informations
et surtout redynamiser les associations féminines
du Burundi.
Umuco.com : Quel message adressez- vous aux femmes
en ces temps difficiles ?
Christine Ntagwirumugara : J'encourage la femme à
être de plus en plus compétitive là
où elle est , où qu'elle soit car c'est la
seule arme de lutte dont elle dispose. On sait que la femme
burundaise est travailleuse, mais aussi longtemps qu'elle
n'ira pas à
l'avant-garde de la recherche de la paix , cette paix là
ne verra pas le jour. Alors FEMME BURUNDAISE LEVE-TOI POUR
LA SURVIE DES TIENS.